Élodie Antoine, artiste plasticienne, les citoyen·nes du collectif Charliequeen et Cécile Barraud de Lagerie, designer textile.
2024 – Dentelle brodée sur un filet de volière.
À la fin du 16e siècle et début du 17e, au Château de Monceau, siège du pouvoir judiciaire de l’époque, vingt-quatre femmes et deux hommes sont accusé·es et condamné·es à mort pour acte de sorcellerie. C’est une époque troublée par les maladies, la précarité et l’instabilité politique. Comme partout en Europe, des femmes, souvent âgées, veuves ou pauvres, sont soupçonnées de jeter des sortilèges, d’empoisonner ou de participer à des activités sataniques. Le contexte misogyne contribue à leur prêter les maux de l’époque et est propice aux dénonciations. Le fait est que ces femmes sortent des normes : la peur, la jalousie et l’incompréhension sont les raisons de leur condamnation. Cette histoire est celle de milliers de femmes à travers le monde.
Ce femmage – acte de reconnaissance envers une ou plusieurs femmes – tend à rendre justice et souhaite faire devoir de mémoire. L’œuvre est conçue comme une dentelle ; savoir-faire autrefois transmis de mère en fille. Les raisons pour lesquelles ces femmes furent marginalisées – leurs savoirs en herboristerie et plantes médicinales, leurs connaissances du corps humain, leur indépendance, etc. – ont inspiré les motifs de cette dentelle. L’intégration de l’œuvre au sein d’une ronde de pins crée un lien et une
harmonie avec la nature. L’œuvre se veut être un pont entre les époques et les communautés, un point de départ à la réflexion : Que représentaient les sorcières d’hier ? Qui seraient-elles aujourd’hui ? Quels regards, quelles visions et quelles représentations en ont les communautés qui composent Charleroi ? Et quels récits celles-ci auraient-elles aussi à nous partager ?




Ysabeau Lebarte, présumée sorcières – La balade sonore

Si vous vous préférez écouter la création sonore depuis votre canapé, voici l’ensemble des pistes sonores qui la composent.